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Une crise de croissance par excès de Yang ?

Au-delà des bouleversements de nos vies personnelles, nous vivons un changement radical de civilisation. Les dérives antérieures sont portées à l’extrême. Sans doute est-il temps faire un bilan, de comprendre le sens de cette situation et de changer de cap en connaissance de cause. L’approche que je vous propose ici est basée sur deux principes.

  • Je nomme le premier principe comme étant celui de la responsabilité. En voici l’énoncé.

Tout ce que nous percevons et tout ce qui se passe est toujours le reflet de ce que nous sommes, même si cela n’est pas conscient. Ce n’est pas seulement le résultat de nos choix, de nos pensées, de nos croyances. Mais aussi de nos émotions, de nos mémoires, de nos actions.


Le système cherche donc à contrer ce principe en désignant toujours des victimes, des coupables, des sauveteurs.


Ce principe porte aussi le nom de souveraineté. C’est notre capacité à faire des choix, à en assumer les conséquences, à s’améliorer, etc. Il est étonnant que le système énonce que nul ne peut et ne doit penser par lui-même. Et que pour agir, il faut se soumettre à des lois toujours plus complexes et à des contrôles de plus en plus contraignants.

C’est énorme, c’est écrasant, mais c’est très officiel.

  • Le deuxième principe est celui de la permanence du changement.

La pensée issue du Taoïsme constate l’alternance des polarités et la succession incessante des cycles de naissance, croissance, déclin et renaissance. Cette loi est appelée Yin-Yang. Le Yang est expansif, centrifuge, le Yin est centripète.


Une autre définition de ce principe pourrait se formuler ainsi : Tout est Un. C’est la loi de l’unité, du Un, qui est le contraire de celle du service à soi. Servir au lieu de se servir ou d’asservir.


Le résultat catastrophique du non respect des lois de la vie.

Dans cette optique, nous pouvons constater que notre civilisation planétaire pêche par excès de Yang. C’est à dire qu’elle valorise dans tous les domaines la conquête, la domination, le pouvoir le plus absolu, la compétition, la performance, l’exploitation, l’optimisation, la loi du plus fort, la stigmatisation du faible toujours fautif, l’arrogance du vainqueur. Autrement dit une inversion totale des valeurs humaines.


Le résultat est catastrophique. Imaginez un arbre qui a tellement grandi qu’il a épuisé toutes ses réserves d’eau. Et il se trouve dans une forêt avec ses semblables dans la même situation. Réalisant que l’automne arrive et que le désert avance, sa seule réponse est de rester le plus fort. Il n’admet pas de perdre ses feuilles. Il ne voit pas qu’il est en train de se dessécher et qu’il va en mourir. Il préfère poursuivre sa croissance et sa lutte insensée.


Sur le plan humain, c’est la fuite en avant pour développer des moyens technologiques ou autres, pour vaincre l’adversaire : l’autre, la nature, le corps, la maladie, la mort. Les paradis artificiels, des stimulants de toutes sortes pour que la vie ait encore un peu de saveur. Des promesses alléchantes autant que mensongères pour donner du sens à cette hypocrisie qui ne dit pas son nom. Le contrôle total pour notre bien et pour notre sécurité, jusqu’à la déshumanisation. Donc toujours plus de Yang jusqu’à l’extrême.


La nécessité de faire demi-tour.

Il faut donc en passer par là pour admettre que parfois le progrès consiste à faire demi-tour. Alors inversons le tableau précédent en revenant aux principes de responsabilité, de souveraineté, de changement et d’unité, dans une approche orientée Yin.


Il s’agit de remplacer la compétition par la collaboration et le partage.

De revenir à nous-mêmes pour repousser nos propres limites et pour développer nos qualités et nos talents.

Entre nous, d’accepter de respecter, de comprendre et de partager nos différences.

Dans nos productions et dans notre consommation, de rechercher la qualité au lieu de la quantité.

D’avoir le courage de maîtriser nos démons qui veulent la victoire, mais d’honorer la paix.

De rester fidèles à nos valeurs les plus hautes que sont, par exemple, l’amour, le respect de la vie, la tolérance, la vérité, la liberté, la paix, l’unité, le courage, la loyauté, l’intégrité, la solidarité et le service.


Pratiquer, pratiquer, pratiquer...



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